9 Jul
2010
La pièce est un triangle isocèle parfait, chauffé à blanc sous le toit de tuile noir, ouvert d'une seule lucarne qui ne donne à voir que le ciel qui se couvre légèrement - comme lassé de la canicule - et les branches doucement secouées par le vent de l'arbre gigantesque mais indéfini qui donne ce caractère campagnard antique à ce qui est devenu un jardin de banlieue.
La même illusion d'empire forestier que quinze ans auparavant.
Et, tout à coup, je déterre le volume - non pas oublié mais recouvert par les lectures plus récentes - de l'Art de la Joie, oeuvre essentielle de Goliarda Sapienza, et, ironiquement je saute sur sa postface où Angelo Maria Pellegrino se rappelle qu'"elle écrivait habituellement la matin, commençant vers neuf heures et demie, et jusque vers une heure et demie-deux heures, tous les jours, essayant d'échapper - et ce n'était pas facile - aux nombreuses invitations à déjeuner au soleil de Rome de ces années bénies et agitées. [...] Le lendemain matin, après l'immanquable café noir avalé à jeun des Siciliens, Goliarda <strong>remontait à l'étage du dessus, là-haut entre ciel et nuages - une curieuse mansarde en quoi avait été transformée une ancienne buanderie</strong>, avec une immense baie vitrée donnant sur la rêveuse mer de pins de Villa Glori."